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  Le loup et la chasse  

Certains chasseurs n’apprécient le retour du loup car ils le considèrent comme un concurrent direct pour le gibier et craignent une diminution sensible du nombre de proies, voire leur disparition.

Cependant, les études déjà menées en Amérique du Nord montrent que les loups ont plutôt tendance à chasser les individus les plus faibles : jeunes, âgés, malades, sous-alimentés... Les animaux restant sont les plus sains et passent plus facilement l’hiver. La reproduction peut également s’en trouver augmentée.

En revanche, en cas d’exploitation surtout des ongulés de plus petite corpulence comme c’est le cas en France (chamois, chevreuil, mouflon...), il n’est pas évident que cette sélection des plus faibles soit systématiquement opérante. Il est donc difficile de conclure sur l’impact quantitatif sur les populations d’ongulés, étant donné la diversité des proies potentielles présentes en France (sympatrie de 5 à 7 espèces proies selon les massifs), hormis pour les espèces non adaptées au milieu qui subissent les premières la prédation (exemple du mouflon dans le Mercantour). Un travail de recherche pour l’étude du système vu "du côté des proies" est en cours.
Groupe de chasseurs
Par contre, la présence du loup modifie le comportement et la répartition des ongulés ils deviennent plus craintifs et vigilants et recherchent des espaces plus abrités et protégés. Ce changement de mœurs peut les rendre beaucoup plus difficiles d’approche pour les chasseurs.

Le retour des chiens de protection dans les alpages peut également entraîner des conflits avec les chasseurs, notamment avec des problèmes de cohabitations avec les chiens de chasse. De plus, les chiens de protection peuvent adopter des comportements de poursuite et de chasse du gibier.

- Rapport de recherche bibliographique : Impact de la prédation des grands carnivores (loup Canis lupus et lynx Lynx lynx) sur les populations d’ongulés sauvages (espèces Nord-Paléarctique), E. Perret - 2003
- Thèse de N. Espuno : Étude de l’impact de la prédation du loup sur les populations d’ongulés
- Fiche du programme @lpes : Activités de pleine nature et pastoralisme : détails juridique de la pratique de la chasse dans les alpages et des responsabilités de chacun
- Les chasseurs français et les grands prédateurs : le livre blanc de la Fédération Nationale des Chasseurs sur les grands prédateurs

 

 

LE PROGRAMME PRÉDATEUR-PROIES :

 

Un programme de recherche "prédateur-proies" a été lancé en 2003 par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, le CNRS, la fédération départementale des chasseurs des Alpes-Maritimes et le Parc National du Mercantour. Son objectif est d’étudier l’incidence de la prédation du loup sur la dynamique, le comportement et la répartition spatiale des populations de quatre ongulés sauvages : cerf, chevreuil, chamois et mouflon.
Il analysera notamment les possibilités d’ajustement de la pression de prédation à la disponibilité relative des proies ("switching") et l’éventuel phénomène de compensation entre mortalité par prédation et mortalité naturelle ou reproduction.

Les protocoles sont basés sur deux types d’approches :
- l’approche "comparative transversale" vise à comparer le fonctionnement des populations de cerf, chamois, chevreuil et mouflon sur le secteur de Haute-Tinée du Parc national du Mercantour où le loup est présent depuis plus de 15 ans et sur le massif des Bauges, site témoin sur lequel le loup n’était pas installé en 2003 ;
- l’approche "longitudinale" a pour but de comparer le fonctionnement d’un même peuplement d’ongulés sauvages en absence et en présence de loup et sera être réalisée sur les Bauges, massif dans lequel le loup s’est installé après le début du programme.

Le nombre de carcasses récoltées par simple prospection de terrain étant insuffisant, des loups doivent être équipés d’émetteurs GPS sur le secteur de Haute-Tinée afin de suivre de manière réactive les actions prédatrices et de pouvoir retrouver avec efficacité les proies tuées par les loups.
Louve équipée d’un collier GPS/GSM/VHF dans la Vallée de la Haute Tinée dans le Parc national du Mercantour

 

- Communiqués de presse :

11 avril 2011 - Un 3ème loup équipé d’un collier GPS
==> Plus d’infos sur cette nouvelle capture sur le site internet de l’ONCFS

23 septembre 2010 - Louve retrouvée morte : résultats d’autopsie
22 septembre 2010 - La louve équipée d’un collier GPS retrouvée morte
06 avril 2010 - Un 2ème loup équipé d’un collier GPS dans le Parc national du Mercantour
15 juillet 2009 - Louve équipée d’un émetteur GPS : tout fonctionne parfaitement bien
14 juillet 2009- Un loup capturé et relâché dans le parc du Mercantour dans le cadre d’un programme scientifique

 

- Feuille d’information du Programme Prédateur-Proies :

Feuille d’information n°1 - décembre 2010

 

- Plus d’infos :

- Dossier d’information : le Programme Prédateur-Proies

- Récit d’un 2ème loup équipé le 29 mars 2010 dans le cadre du programme Prédateur-Proies - Quoi de Neuf n°23, p.2
- Récit de la première capture d’une louve en France dans le Parc National du Mercantour Quoi de Neuf n°21 - p.2 et 3
- Présentation du programme de recherche "l’impact du loup sur les populations d’ongulés sauvages dans les Alpes" - Quoi de Neuf n°13, p.8

 

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